Juillet 2025, Indianapolis. Gabby Williams, maillot du Seattle Storm, s’avance sous les applaudissements : première Française de l’histoire sélectionnée pour le All-Star Game WNBA. L’image est forte, presque fondatrice. Comme Tony Parker en NBA deux décennies plus tôt, Williams incarne un basculement : les Françaises ne se contentent plus d’exister dans la ligue américaine, elles visent désormais les grandes distinctions individuelles. PAR RUBEN DIAS. Extrait du WOMEN SPORTS N°38.
« C’EST POSSIBLE »
Quand la WNBA a annoncé sa sélection All-Star, c’est certes une récompense pour une saison solide, mais pas seulement. Derrière la ligne de stats, une autre se dessine. Celle de la reconnaissance d’une joueuse tricolore, parmi les meilleures du monde. « Gabby prouve qu’on peut être All-Star avec un passeport français, résume son agente », Lindsay K. C.
DES PIONNIÈRES À LA RECONNAISSANCE
Avant Williams, d’autres avaient osé : Isabelle Fijalkowski (Cleveland, 1997), Laure Savasta (Sacramento), puis Gruda, Ayayi, Berthieu, Lawson-Wade… Mais leurs expériences, souvent brèves, restaient celles d’éclaireuses. Marine Johannès a apporté le style, la magie virale des passes impossibles. Williams, elle, apporte la légitimité institutionnelle.
• 11 joueuses tricolores ont foulé les parquets depuis
• 2025 : record avec 6 Françaises sous contrat (Williams, Johannès, Rupert, Salaün, Leite, Lacan, Malonga)
DE PARKER À WEMBANYAMA : L’INSPIRATION MASCULINE
Le parallèle s’impose. En 2006, Tony Parker devient le premier Français All-Star en NBA. Son parcours ouvre la voie à une génération qui collectionnera les récompenses : Rudy Gobert (3× Defensive Player of the Year), Victor Wembanyama (Rookie of the Year 2024), Nicolas Batum finaliste All-Defensive Teams. Ce précédent a transformé les perceptions : de « bons Européens » à « stars incontournables ». Aujourd’hui, voir un Français dans le top 10 de la draft n’est plus une surprise… c’est une habitude.
Chez les femmes, Williams pourrait jouer ce rôle de détonateur : la première à prouver que le plafond de verre existe… mais se brise !
MALONGA, L’EFFET WEMBY AU FÉMININ ?
Draftée en 2e position en 2025 par Seattle, Dominique Malonga incarne déjà le futur. Son physique, sa polyvalence et son aplomb rappellent un certain Victor Wembanyama. Elle rêve de « changer le jeu » en WNBA. Derrière elle, Carla Leite, Iliana Rupert, Leïla Lacan et Janelle Salaün forment une génération dense et ambitieuse.
LE DÉFI : TRANSFORMER LA PRÉSENCE EN TROPHÉES
Être sélectionnée All-Star, c’est entrer dans la vitrine. Mais viser un titre de Defensive Player of the Year ou Rookie of the Year exige plus : un rôle majeur dans une franchise qui gagne, une médiatisation continue, une constance statistique.
Les ingrédients que les Bleus ont su réunir côté masculin. « On en est au moment où la France arrête de fournir des joueuses, et commence à produire des stars », analyse une coach WNBA.
• MVP : aucune Française encore
• Rookie of the Year : jamais remporté par une Européenne
• Defensive Player of the Year : dominé par Lisa Leslie, Tamika Catchings, Sylvia Fowles
• All-Star : Gabby Williams (2025), une première
UNE PLACE À PRENDRE
De Fijalkowski à Savasta, il a fallu presque trente ans. Mais aujourd’hui, avec Williams All-Star et Malonga top pick, le discours change. Les Françaises n’ont plus à justifier leur place, elles peuvent viser l’excellence. Comme Tony Parker jadis, Williams ouvre un boulevard. Derrière elle, une génération entière est prête à courir.









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