De la bascule sur les barres asymétriques au kaboom sur trampoline, en passant par le minitramp en TeamGym, la gym n’a pas fini de vous surprendre, sous toutes ses formes…
Par Léa Borie, Extrait de Women Sports magazine n°39 – janvier-février-mars 2026
Aux origines de la gym…

Bien avant les barres asymétriques et le praticable hautement rebondissant, la gymnastique racontait une tout autre histoire. Dans la Grèce antique, on parlait surtout de lutte et… de sauts par-dessus des taureaux. Il faudra attendre le XIXe siècle pour que la gymnastique «artistique» se structure. Un adjectif ajouté pour la distinguer de la pratique militaire alors dominante. Introduite dès 1894 dans le programme olympique, elle fait partie des toutes premières disciplines des JO. Les femmes, elles, n’y accéderont qu’en 1928.
L’évolution du matériel accompagne celle du sport : des nattes en cuir des années 50 aux rouleaux de feutre, gros tapis et mousses des années 60… jusqu’à l’équipement technique d’aujourd’hui, nécessitant des salles dédiées aux ancrages fixes. Certaines disciplines ont disparu en route : poutre oscillante, double barre fixe ou encore double échelle de corde.
La Fédération internationale de gymnastique, fondée en 1922, harmonise les règles : en 1948, les barres asymétriques remplacent les parallèles chez les femmes, et la poutre adopte sa largeur emblématique de 10 cm. Depuis 1958, les enchaînements au sol féminin se déroulent en musique – d’abord jouée au piano, puis via des bandes orchestrées. Évolution des tenues réglementaires : depuis l’an dernier, la FFG autorise ses athlètes féminines à porter un short par-dessus le justaucorps en compétition. Bref : la gym évolue… tout le temps, avec son temps.
La gym… et toute sa famille
On pense aux filles qui s’échappent sur les barres asymétriques, aux hommes qui tournoient autour des anneaux, mais la gym au sens large ne s’arrête pas à ça ! Ça, c’est la gymnastique artistique féminine et masculine (GAF et GAM), comprenant respectivement pour l’une quatre agrès – saut, barres asymétriques, poutre et sol en musique avec chorégraphie -, et pour l’autre six – sol, arçons, anneaux, saut, barres parallèles et barre fixe. Auxquelles on ajoute la gymnastique rythmique – GR (ex GRS, avec cerceau, rubans, ballon et massues), et le trampoline (120 ressorts pour enchaîner salto, vrilles et sauts), composant les quatre disciplines olympiques. À noter que depuis 1999, la Fédération française de gymnastique et la Fédération française de trampoline et de sports acrobatiques ont fusionné.
Ce n’est pas terminé ! Viennent ensuite, le tumbling (série d’acrobaties sur piste dynamique), la gymnastique aérobic (entre fitness et acrobaties), la gymnastique acrobatique (envols aériens du voltigeur), le TeamGym (par équipe de 6 à 12 au sol, sur tumbling et mini trampoline), et le parkour – PK (jumps entre des blocs, sur des épreuves de speed run et de freestyle).
Sans oublier la Baby Gym, un dérivé des GAM & GAF ouvert aux garçons et aux filles jusqu’à 6 ans. Pour résumer, la FFGym contribue au développement de quatre sports olympiques et cinq activités de gym pour tous, de forme et de loisir. À noter que tous les clubs ne proposent pas toutes ces activités, car différents équipements et formations sont nécessaires. On comprend pourquoi il est parfois difficile de s’y retrouver pour les parents désireux d’inscrire leur enfant à chaque rentrée. N’amenez pas votre chérubin en GAF en lui achetant des rubans pour son premier jour ! Et la complexité ne s’arrête pas là…
Si tous les clubs ne sont pas des clones en termes d’exigences, de niveaux et d’objectifs, c’est aussi parce qu’il existe différentes fédérations au sein même de la gym !
Fédérations délégataires et affinitaires, Quèsaco ?
En France, le paysage sportif s’est construit historiquement, politiquement et culturellement. D’où le fait que plusieurs fédérations coexistent dans la même discipline, avec des conceptions différentes selon les mouvements au XIXe/XXe siècle. Pourquoi tant de fédérations ? Parce que pendant plus d’un siècle, la gym n’était pas qu’un sport : c’était un outil d’éducation et un marqueur social ou politique. Une exception culturelle française… Mais aujourd’hui, ces fédérations coexistent pour accueillir des pratiquants différents.
La plus connue, celle représentée au haut niveau, c’est la FFG, Fédération française de gymnastique (la doyenne de toutes les fédérations sportives, datant de 1873, appelée initialement Union des Sociétés de Gymnastique de France (USGF), reconnue d’utilité publique en 1903). Ça d’accord. C’est une fédération délégataire, avec une mission de service public déléguée par l’Etat. Sa vocation : former des sportifs élites.
Les fédérations affinitaires misent de leurs côtés davantage sur un épanouissement du pratiquant. C’est presque de la philo cette histoire ! On y trouve l’Ufolep (Union française des œuvres laïques d’éducation physique, créée en 1928), la FSCF (Fédération sportive et culturelle de France)… Sans compter la FSGT (Fédération sportive et gymnique du travail), la FFST (Fédération française du sport travailliste), etc. Dégagées de la charge de l’organisation du sport de haut niveau, ces fédérations entendent axer leurs actions prioritaires vers l’éducation, la santé, le social… et de voir le sport comme un outil de construction des individus.
Ces fédérations affinitaires et délégataires sont complémentaires. Certains clubs sont affiliés à plusieurs fédérations ! Quel que soit le club, ils proposent souvent un format dit «loisir» et un «compétition», ce qui rend la frontière poreuse.
S’il fallait tenter de faire quelques généralités pour mieux s’y retrouver :
- › FFGYM : Fédération olympique. Performance, rigueur, excellence technique, programmes codifiés, compétitions hiérarchisées, nombreux entraînements proposés.
En chiffres :
348 500 licenciés FFGym, toutes activités gymniques confondues (record historique en 2024 !)
1 400 clubs affiliés - › UFOLEP : Accessibilité, convivialité, niveaux progressifs, esprit associatif, vivre ensemble.
- › FSCF : Tradition, chorégraphies d’ensemble, compétitions ouvertes, cohésion et travail de groupe.
Dans les faits, selon Florence Senot, entraîneure Ufolep, les choses sont beaucoup plus nuancées. « C’est de plus en plus difficile en compétition. Le niveau monte d’année en année. Il faut dire aussi que certains clubs jouent sur la double affiliation (FFG + Ufolep, NDLR) pour présenter leurs équipes dans deux cadres. Il y a quelques années, on matchait dans des équipes en simple ou en double appartenance. Je trouvais ça plus juste. »
Pour les parents, c’est d’autant plus compliqué de s’y retrouver que certains grands gymnases accueillent plusieurs clubs de différentes fédérations. « Majoritairement, les parents regardent les horaires des cours proposés dans tel club, pose Florence Senot, également vice-présidente de club. Et puis ils regardent aussi les résultats des équipes, leur sélection potentielle jusqu’en finale en championnat de France ».














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