L’Agence internationale pour l’intégrité du tennis a publié vendredi le document complet expliquant la suspension de Markéta Vondroušová. Quarante-huit pages qui éclairent une sanction jugée brutale par le tennis tchèque — et qui referment, ou presque, un dossier ouvert en décembre dernier.
3 décembre 2025. Pleine intersaison. Une agente antidopage sonne au domicile de Markéta Vondroušová pour un contrôle inopiné. La gagnante de Wimbledon 2023 refuse de fournir un échantillon : selon elle, l’officielle se présente en dehors du créneau d’une heure qu’elle avait renseigné dans son système de localisation. Ce geste-là, en apparence anodin, lui a coûté quatre ans de carrière.
Tout s’est éclairci ces dernières heures. L’ITIA vient de rendre public l’intégralité de sa décision, restée confidentielle depuis l’annonce de la sanction, le 22 juin. Le document court sur quarante-huit pages. Il est méthodique, froid, et il ne laisse pas grand-chose dans l’ombre.
L’anxiété reconnue, mais écartée
C’était l’axe central de la défense. Plusieurs spécialistes mandatés par la joueuse ont conclu qu’elle souffrait d’un trouble anxieux généralisé et d’une réaction aiguë au stress, susceptible d’avoir altéré son jugement au moment des faits. Le tribunal ne nie pas la détresse. Il reconnaît même l’anxiété et le stress éprouvés ce jour-là.
Mais il retient que les expertises ont été menées a posteriori, et que certaines n’étaient pas suffisamment étayées. Surtout, les juges estiment que l’état de la Tchèque ne l’avait pas privée de sa capacité à comprendre la situation ni à décider. Conclusion : le refus est délibéré. Sans que le tribunal affirme pour autant qu’elle cherchait à masquer un recours au dopage.
Deux contrôles négatifs après les faits
Voilà l’élément qui alimente la colère de Prague. Aucune substance interdite n’a été détectée lors des deux contrôles postérieurs à l’incident : un échantillon fourni le 7 décembre 2025, soit quatre jours plus tard, puis un autre le 3 mai 2026.
Pourquoi, alors, une sanction aussi lourde qu’un test positif ? L’ITIA s’en explique sans détour : un refus doit être puni avec la même sévérité, sous peine d’encourager d’autres joueurs à claquer la porte plutôt qu’à uriner dans un flacon. Logique implacable. Un peu clinique, aussi.
Le TAS, dernière cartouche
Le verdict, lui, est déjà tombé : suspension jusqu’au 21 juin 2030. Ancienne numéro 6 mondiale, aujourd’hui 122e, Vondroušová n’a plus disputé le moindre match sur le circuit depuis janvier. Sa dernière apparition en Grand Chelem remonte aux quarts de finale de l’US Open 2025.
Elle dispose désormais de vingt et un jours pour saisir le Tribunal arbitral du sport. Son avocat, Jan Exner, avait immédiatement fait savoir qu’elle se réservait ce droit.
Dans son pays, le soutien ne faiblit pas. La Fédération tchèque a dit sa stupeur devant « la brutalité » de la sanction. Karolína Muchová, 11e joueuse mondiale, a jugé ces quatre années « cruelles et difficiles à comprendre ». Pour une championne de Wimbledon qui n’a jamais été contrôlée positive, la pilule reste, disons-le, particulièrement amère.
Le dossier n’est peut-être pas clos. Il est simplement, pour l’instant, entièrement sur la table.
Source SPORT.FR





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