Une salle noire et jaune, un sac de frappe connecté, une ambiance de club underground et des gants flambant neufs… J’ai testé le Brooklyn Fitboxing, ce sport qui mélange boxe, cardio, musique et gamification. Verdict : j’ai survécu, j’ai transpiré, j’ai tout coordonné. Récit d’une séance qui secoue… dans tous les sens du terme !
Par Léa Borie, Extrait de Women Sports magazine n°39 – janvier-février-mars 2026
Au cœur du ring : moi VS le sac n°15
Rendez-vous est donné un samedi matin 8h45 (beaucoup trop tôt à notre goût, le temps de traverser Paris, mais la boxe n’attend pas !) à la salle Brooklyn Fitboxing Convention, dans un joli coin du 15e arrondissement, dans un espace presque flambant neuf.
On entre dans la salle de boxe. Challenge n°287. Rien que ça. Le coach Nicolas annonce un cours « bien cardio », avec le petit sourire de quelqu’un qui sait très bien ce qui nous attend. Nous non. Pas encore. Attendez, ça va partir vite ! L’ambiance est ultra-urbaine : noir, jaune, néons, sons électro qui claquent. Pourtant, surprise : la salle est majoritairement féminine. Nous sommes douze ce matin-là, dont quatre hommes. Comme quoi, l’énergie fluo ne fait pas peur aux fitboxeuses.
On m’attribue le sac n°15, mon futur meilleur ennemi. Juste à côté, un tapis pour les passages au sol. Et là, première surprise : on me tend des bandages et des gants de boxe pour mon cours d’essai… avec lesquels je pourrai repartir : cadeau ! On se sent immédiatement plus légitime — même si l’idée de rentrer avec tout ça dans le métro est moins glamour. Mais j’ai presque une larme à l’œil : me voilà avec mes premiers gants de boxe à moi. Ça n’a pas commencé que j’ai déjà envie de revenir avec MES gants !
Bref. L’échauffement démarre fort. Très fort. Du renforcement, du gainage, des squats… Et ce n’est que l’échauffement… Puis vient le moment de frapper. Ma concentration est au maximum. Le sac est connecté à un capteur : il mesure la puissance, le tempo et la synchro avec la musique. Alors ça, je n’avais pas capté tout de suite, je dois admettre. Je découvre après avoir donné mes premiers crochets que chaque coup compte. Et qu’un classement final départage les guerriers du jour. Spoiler : j’ai terminé avec 99 % de synchro. Oui messieurs-dames ! Honnêtement, pour les esprits compétiteurs, ça surmotive.
On donne tout !
La puissance ? Théoriquement illimitée. La réalité ? Je fais de mon mieux. Ce jour-là, je ne suis pas super bien équipée, donc je pâtis aussi de ça (si, si, c’est la faute de mon matériel !) Le combo des deux (puissance et synchro) donne l’indicateur « Energy ». Dépasser les 90 % sur cet item, comme me l’a soufflé Nicolas, c’est « très bien ». À ce moment-là, je me suis sentie comme si on me validait le permis de conduire (que j’ai passé par ailleurs « quelques » fois…), mais en transpirant deux litres. Entre chaque round sur le sac, on alterne burpees, planches, fentes. On enchaîne pendant 47 minutes chrono, sous l’oeil d’un coach qui ne lâche personne, avec juste ce qu’il faut d’humour pour qu’on ne l’insulte pas mentalement.
Le plus étonnant, c’est la gamification : à la fin du cours, les points cumulés peuvent être reversés sous forme de don à l’une des associations de son choix. Une séance de transpiration = un geste solidaire. Ça remet les choses en perspective, même quand on a le cardio qui pleure et le coup de pied en feu.
L’effet post-séance ? Les épaules qui vibrent encore, les jambes en coton, une courbature de la fesse gauche (du côté du pied qui a frappé le plus) pour trois jours… mais un smile XXL, comme la championne du jour, Anne, première du classement, sueur au front mais sourire fier et satisfait. On dirait qu’elle a gagné un titre mondial. Et honnêtement, elle a un peu raison.
Interview : 3 questions à… Nicolas, le coach qui vous fait tout donner
Votre parcours pour devenir instructeur ici, Nicolas ?
J’ai un DEUST Métiers de la forme et une formation interne Brooklyn Fitboxing. Il faut aimer la dynamique, le rythme, le côté très structuré du concept.
C’est quoi un bon coach de Brooklyn Fitboxing ?
Quelqu’un qui maîtrise la technique, bien sûr, mais surtout quelqu’un qui sait transmettre l’énergie. On embarque les participants : le timing, la musicalité, la motivation… tout compte.
Vous boxiez avant ?
Un peu, mais pas en club. Ils nous forment sur toute la partie technique chez Brooklyn Fitboxing. Ce qui compte, c’est surtout la pédagogie et l’envie de pousser les gens à se dépasser sans se blesser.
Matériel : comment s’équiper pour frapper juste ?
Pour un premier cours, sur le plan technique, il n’y a besoin de rien : gants et bandages vous sont offerts. Pour revenir (et vous reviendrez, j’en suis sûre !) :
✔ Gants de fitboxing : fermés ou ouverts façon MMA.
✔ Tenue respirante mais près du corps : vous allez transpirer, beaucoup.
✔ Une brassière qui tient bien la route (type Anita).
✔ Un bon legging : résistant (les passages au sol sont fréquents), et qui offre une belle amplitude pour descendre bien bas en squats.
✔ Petite serviette et eau : indispensables !
✔ Sac de sport : la boutique en vend, et c’est très tentant.
Où tester le Brooklyn Fitboxing ?
- Paris : 6 clubs
- Montpellier : 1 club, quartier Antigone
