Retour sur l’exploit français du week-end : Agathe Guillemot, reine du mile et nouvelle référence européenne à Copenhague

Personne ne l’avait vu venir sous cette forme. Ou plutôt si : à force de finir quatrième un peu partout cette saison, Agathe Guillemot laissait deviner qu’un grand coup se préparait. C’est désormais chose faite. Ce samedi, à Copenhague, la Bretonne de 27 ans est devenue championne du monde du mile — cette distance mythique de 1609 mètres si chère aux Britanniques — à l’occasion de l’ouverture des Mondiaux sur route 2026.

Le scénario, lui, avait tout d’un thriller. Longtemps aux prises avec l’Éthiopienne Freweyni Hailu et la Kényane Mirriam Cherop dans le dernier tiers de course, Guillemot a fait parler sa pointe de vitesse dans les 200 derniers mètres pour s’envoler vers l’or. Chronomètre à l’arrivée : 4’22″74. Un temps qui ne se contente pas de lui offrir le titre mondial — il pulvérise au passage le record d’Europe, détenu depuis quelques jours seulement par la Britannique Jemma Reekie (4’23″25). Une performance qui vaut également à la Française le quatrième temps de l’histoire sur la distance.

Une victoire à l’arraché, savourée les bras croisés

À l’arrivée, la championne avait presque du mal à y croire. Célébration façon Mbappé, bras croisés sur la poitrine, le regard encore incrédule. « J’étais à la bataille avec Hailu et je me disais que finir deuxième, c’était nul. Je voulais juste vraiment gagner », confiait-elle sur le site de la Fédération française d’athlétisme. Un aveu qui en dit long sur l’état d’esprit de la Bretonne, décidément animée d’une farouche envie de gagner plutôt que de simplement briller.

Son récit tactique, lui, ressemble à un cours magistral de course à pied. « La stratégie était de rester plutôt cachée pendant la première partie de course […] Je savais qu’il fallait que je me sorte de ce petit peloton au moment du virage, pour pouvoir accélérer quand j’en aurais envie. » Une gestion millimétrée, jusqu’au sprint final où elle confie avoir « un peu douté jusqu’à l’arrivée, à force de finir quatrième en me faisant manger à chaque fois sur la ligne ». Cette fois, personne ne l’a mangée sur la ligne.

Le couronnement d’une saison à rallonge

Car le sel de cette histoire réside bien là : dans la persévérance. Guillemot boucle une saison marathon de 23 courses, entre 1500m, 800m, mile et cross-country, ponctuée de plusieurs quatrièmes places frustrantes — aux Mondiaux en salle sur 1500m (à trois centièmes du podium !), puis aux Europe de Birmingham (à quatre dixièmes). Le genre de scénario répété qui, chez beaucoup d’athlètes, aurait fini par éroder la confiance. Chez elle, apparemment, cela n’a fait que la nourrir.

« C’est l’exploit de ma saison […] Pour la confiance, c’est hyper important. L’année prochaine, il n’y a que du bon qui va arriver ! », s’enthousiasmait la nouvelle championne du monde, déjà tournée vers les échéances à venir. De quoi, sans doute, donner des ailes au reste du clan tricolore présent au Danemark ce week-end — à commencer par Jimmy Gressier, aligné l’après-midi même sur le 5 kilomètres. Une chose est sûre : l’athlétisme français tient, avec Agathe Guillemot, une valeur sûre pour les grands rendez-vous à venir.

Source SPORT.FR

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