MMA : Nora Cornolle, la combattante qui a tout recommencé à 31 ans

Ancienne championne de muay-thaï devenue combattante de MMA à l’UFC, Nora Cornolle incarne un parcours à contre-courant des trajectoires habituelles du sport de haut niveau. Portrait d’une pionnière du MMA féminin français, toujours fidèle à son quartier d’Épinay-sur-Seine.

Née le 6 décembre 1989 dans le quartier de La Source-Les Presles, à Épinay-sur-Seine, Nora Cornolle n’a rien d’une prodige précoce. Fille d’un ambulancier et d’une employée d’Air France, elle grandit attirée par les sports de combat mais freinée par une famille qui redoute les blessures. Le parcours qu’on lui trace ressemble davantage à celui d’une bonne élève de banlieue : baccalauréat littéraire, classe préparatoire au lycée Auguste-Blanqui de Saint-Ouen, puis un master en communication décroché au Celsa Sorbonne Université. C’est finalement lors d’un stage d’études en Thaïlande, à 21 ans, qu’elle enfile ses premiers gants de muay-thaï — un déclic tardif qui ne l’empêchera pas de devenir cinq fois championne de France, dont deux titres professionnels, championne d’Europe, puis médaillée d’argent aux Jeux mondiaux 2022.

Ce premier chapitre sportif aurait pu suffire à une carrière. Nora Cornolle en écrit pourtant un second, en pleine possession de ses moyens : diagnostiquée d’une thyroïdite de Hashimoto, une maladie auto-immune, elle refuse de laisser la maladie dicter la suite de son parcours et se lance dans le MMA professionnel en 2021, à 31 ans — un âge où beaucoup de sportifs de haut niveau songent déjà à raccrocher. Le pari est payant : le 2 septembre 2023, pour ses grands débuts à l’UFC devant 15 000 spectateurs à l’Accor Arena de Bercy, elle domine la Panaméenne favorite Joselyne Edwards. Elle enchaîne quelques mois plus tard avec un KO net face à la Britannique Melissa Mullins, grâce à un coup de genou au foie resté dans les mémoires.

Aujourd’hui classée 13e mondiale chez les poids coqs, Nora Cornolle continue de s’entraîner à Épinay-sur-Seine, là où tout a commencé, aux côtés de son coach Redwan Ameur. « Je commence enfin à jouer dans la cour des grands », confiait-elle sur ce que représente pour elle le fait de combattre dans la plus grande organisation mondiale de MMA. Une trajectoire faite de patience et de secondes chances, qui a valu à la combattante d’Épinay-sur-Seine le surnom de « Wonder » — et qui continue d’inspirer une nouvelle génération de pratiquantes françaises.

Source SPORT.FR

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