Impressionnante toute la journée, la Française a cédé en finale des +78 kg face à la Sud-Coréenne Lee Hyeon-ji, samedi à Bakou. Une médaille d’argent au goût amer, dans des Mondiaux décevants pour les Bleus.
Elle avait tout maîtrisé, ou presque. Samedi à Bakou, Romane Dicko a dominé sa journée de bout en bout avant de buter sur la dernière marche. En finale des +78 kg, la judoka de 27 ans s’est inclinée face à Lee Hyeon-ji, et repart d’Azerbaïdjan avec l’argent autour du cou plutôt que la deuxième couronne mondiale qu’elle était venue chercher.
Le scénario a de quoi nourrir les regrets. Dicko avait pris l’ascendant, imposant son rythme à la Sud-Coréenne. Mais au bout de deux minutes et demie, Lee a trouvé l’ouverture. Projetée au sol, la Française s’est retrouvée prise au piège, incapable de se défaire de l’immobilisation de son adversaire.
« L’ingratitude du judo »
À l’heure de l’analyse, la frustration dominait. « Il a suffi d’une séquence pour que je perde. C’est l’ingratitude du judo », a soupiré Dicko, persuadée d’avoir livré une grosse finale et de tenir le bon bout avant le coup fatal. Elle-même peinait à identifier l’origine de l’erreur, entre une saisie manquée et un temps de retard sur les mains.
La double médaillée de bronze olympique (2021, 2024) a toutefois su prendre du recul. « Un autre podium mondial, je ne vais pas cracher dessus parce qu’on sait que c’est tellement dur », a-t-elle reconnu, sans cacher qu’elle rêvait d’une « deuxième étoile ». Après l’or en 2022 et le bronze l’an passé, il s’agit de sa troisième médaille mondiale.
Un parcours en patronne
Jusqu’à la finale, Dicko avait récité son judo. Victoire d’entrée face à la Cubaine Dayanara Curbelo Travieso, sortie aux pénalités alors que la Française menait déjà d’un waza-ari. Puis deux combats express : 1 min 14 pour écarter l’Ouzbèke Iriskhon Kurbanbaeva en huitièmes, 1 min 18 pour venir à bout de la Croate Helena Vukovic en quarts. En demi-finale, la Russe Mariia Ivanova a cédé à son tour, immobilisée en un peu plus de deux minutes.
Les Bleus sans titre, une première depuis 2003
Cette médaille d’argent ne suffit pas à sauver le bilan français. Au terme des épreuves individuelles, l’équipe de France ne compte que quatre podiums et aucun titre, du jamais-vu depuis 2003.
« C’est dur, ça fait mal. On a manqué notre championnat », a admis Stéphane Nomis, le président de la Fédération française, qui assure garder une confiance totale en son groupe à deux ans des Jeux de Los Angeles. Dernière chance de finir sur une note positive : l’épreuve par équipes, dimanche.
Source SPORT.FR
