Jeux Paralympiques – L’hymne russe entonné après l’or de Voronchikhina !

Varvara Voronchikhina - Photo by Icon Sport

Douze ans après la dernière médaille remportée sous ses couleurs, la Russie renoue avec la victoire officielle. Varvara Voronchikhina, 23 ans, a offert à son pays son premier titre paralympique depuis 2014 en remportant le super-G de Milan-Cortina, devant la Française Aurélie Richard.

Il planait comme un parfum d’histoire ce lundi matin sur la piste de la Tofane, à Cortina d’Ampezzo. Pour la première fois depuis plus d’une décennie, une athlète russe a levé les bras sous son propre drapeau aux Jeux Paralympiques. Et c’est Varvara Voronchikhina, un visage encore méconnu du grand public, qui a écrit cette page symbolique du sport mondial en s’imposant sur le super-G. Déjà médaillée de bronze en descente deux jours plus tôt, la skieuse originaire d’Oufa a signé un run maîtrisé et éclatant, bouclé en 1’15’’60.

Un retour sous tension mais triomphal

Partie juste après la Suédoise Ebba Aarsjoe, double championne du monde en 2022, Voronchikhina n’a laissé aucune place au suspense. Ligne après ligne, elle a accru son avance avant de passer la ligne d’arrivée avec plus d’une seconde d’avance. Derrière elle, la Française Aurélie Richard a livré une performance solide — vice-championne de descente samedi, elle confirme sa régularité — mais a finalement cédé près de deux secondes sur la Russe. Aarsjoe complète le podium.

La victoire de Voronchikhina dépasse cependant les seules frontières sportives. Elle symbolise le retour officiel de la délégation russe, autorisée à concourir sous drapeau et hymne après douze années de bannissement sanitaire et politique. Cette réintégration complète a été votée en septembre dernier par l’Assemblée générale du Comité international paralympique (IPC), afin de permettre aux athlètes russes et bélarusses de participer de nouveau sous leurs couleurs nationales.

La décision a provoqué de vives réactions dans le mouvement paralympique. Certaines nations, dont l’Ukraine, ont contesté la mesure et ont, par principe, boycotté la cérémonie d’ouverture à Milan. D’autres ont regretté une décision jugée « précipitée » compte tenu du contexte géopolitique encore tendu. Mais sur la neige italienne, c’est bien la performance individuelle qui a parlé.

Pour Voronchikhina, ce premier titre a une résonance personnelle très forte. Quatre ans plus tôt, à Pékin, elle faisait partie de la délégation russe contrainte de quitter la compétition à la veille de la cérémonie d’ouverture après l’invasion de l’Ukraine. « C’était un moment difficile à oublier, confiait-elle récemment. Aujourd’hui, c’est une revanche de vie. » À 23 ans, elle devient l’un des nouveaux visages du ski paralympique russe et la figure emblématique d’un retour longtemps espéré par Moscou.

À Cortina, la victoire de Voronchikhina n’est pas seulement une ligne d’or sur un palmarès : elle marque aussi le retour du drapeau blanc, bleu et rouge sur la plus haute marche du podium paralympique. Une image forte, politiquement sensible, mais avant tout profondément sportive.

Source SPORT.FR

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