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Judo : Clarisse Agbegnenou, une machine de guerre sur les tatamis

Vendredi, la Française Clarisse Agbegnenou a décroché un nouveau titre de championne d’Europe de judo, le cinquième consécutif.

Après cette nouvelle performance majuscule, la judoka de 28 ans est revenue sur sa journée et confirme qu’elle ne vit que pour les compétitions et a faim de victoires à chaque fois qu’elle entre sur les tatamis.

Que représente ce cinquième titre européen au bout de cette année 2020 si perturbée ?

« Il y a beaucoup de fierté quand même. C’était très compliqué pour moi de venir à ces championnats d’Europe. Physiquement ça allait, mais mentalement je me posais beaucoup de questions. Et pour moi qui suis quelqu’un d’assez joyeuse, qui aime bien vivre et visiter plein de choses, rester à l’hôtel autant de jours, faire tous ces tests, ça faisait beaucoup… J’avais tellement hâte de sortir de cette chambre que ça a été une belle journée. »

Vous n’aviez plus combattu en compétition depuis plus de neuf mois…

« C’est comme le vélo : on dit que ça fait longtemps qu’on n’en a pas fait et quand on monte dessus, c’est mécanique. La compétition, comme ça fait assez longtemps que j’en fais, dès que le premier tour passe, tout roule après, c’est mon monde en fait, j’adore. »

Quel bilan en tirez-vous ?

« Ma question, c’était vraiment à ce moment-là de l’année, avec ce qui s’est passé, où tu en es ? J’ai beaucoup de choses à travailler, mais j’ai quand même travaillé malgré tout, je n’ai pas non plus énormément de choses à rattraper. Je me suis trouvée assez lente sur les mains, et moins agressive. Les techniques, elles viennent parce que je m’entraîne depuis des années, mais sur l’affûtage, la précision, je n’étais pas assez précise, donc je dirais que je suis à 60%. Il me faut quelques mois où je m’entraîne un peu plus. Mais j’ai le temps. »

Vous projetez-vous déjà sur les Jeux de Tokyo reportés à l’été 2021 ou le climat d’incertitude pèse-t-il encore trop ?

« Pour l’instant, je n’y pense pas. J’avais tellement d’autres questions déjà. Là, au moins j’ai combattu. Dans ma tête, je me dis que 2021 arrive vite mais que j’ai le temps encore de me poser et d’être un peu tranquille. Là, je vais juste garder la forme et en janvier, quand on en saura un peu plus, ce sera le moment de repartir. »

Propos recueillis en zone mixte.