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Catherine, 58 ans : « Se prouver qu’on est capable »

En septembre dernier, FDJ a lancé une nouvelle campagne «Pour chaque femme, le sport est une chance» afin de lever les freins à la pratique du sport par les femmes.

Premier partenaire du sport tricolore, l’opérateur de jeux a choisi de donner directement la parole aux femmes qui ont mis du sport dans leur vie et avec lesquelles elle partage la conviction que pour chaque femme, le sport est une chance. « Nous avons besoin de faire émerger une bienveillance collective autour du sport féminin et de faire passer le message que le sport a toute sa place dans la vie des femmes et que les femmes ont toutes leur place dans le sport », résume Stephane Pallez, Présidente Directrice Générale de FDJ. WOMEN SPORTS se propose de devenir une fenêtre d’expression pour les femmes qui accepteront de partager leur expérience. Elles seront autant de modèles inspirants pour celles qui doutent encore ou qui ne se sentent pas toujours à la hauteur.

Cette campagne veut faire passer le message que « le sport a toute sa place dans la vie des femmes et que les femmes ont toutes leur place dans le sport ». Stéphane Pallez, Présidente Directrice Générale de FDJ. © FDJ

Cette campagne veut faire passer le message que « le sport a toute sa place dans la vie des femmes et que les femmes ont toutes leur place dans le sport ». Stéphane Pallez, Présidente Directrice Générale de FDJ. © FDJ

Sur les bords du lac d’Annecy, en Haute-Savoie, il existe un club de boxe pas comme les autres : l’Annecy Best Boxing. Non pas qu’il ait révolutionné l’univers de ce sport (quoi que !), mais il a eu l’excellente idée de proposer des cours de sweat boxing, une variante ludique et plus douce de la boxe, pour les femmes de plus de 50 ans (sans être pour autant interdits aux plus jeunes !). Ces cours, appelés « Silver Boxing » [ndlr, en référence aux cheveux grisonnants des femmes qui avancent dans l’âge, « silver » signifiant « argent » en anglais] sont dispensés par Nourdine, un coach bienveillant qui a pensé à toutes celles qui souhaitaient faire de la boxe mais qui auraient pu être réticentes en raison de leur âge. Il leur propose des cours adaptés à leurs capacités, mais n’hésitent pas non plus à les pousser dans leurs retranchements et les motive sans cesse à aller plus loin.

La rédaction de WOMEN SPORTS s’est entretenue avec trois apprenties-boxeuses qui suivent les cours de Nourdine. Catherine, Ghyslaine et Patricia nous racontent en quoi, pour elles, le sport est une chance.

Catherine, 58 ans : « Se prouver qu’on est capable »

Catherine est une sportive. Instructrice de plongée pendant de nombreuses années, adepte des salles de fitness par le passé et aficionado de la randonnée en alpages, elle cultive ce goût pour l’effort, ce besoin de se dépasser et de transpirer.

Malheureusement, en 2013, des opérations au genou et aux pieds l’éloignent un peu de toutes ces pratiques physiques. Avec l’âge, elle se dit que c’est aussi peut-être le moment de passer à autre chose, de se tourner vers d’autres activités plus douces telles que la peinture ou le dessin. Mais la sensation de « bonne fatigue » qu’elle aimait tant dans le sport lui manque. Catherine ressent le besoin de se remettre en forme, de retrouver du dynamisme et du pep’s. Elle décide de s’inscrire aux cours de boxe, un sport qu’elle n’avait jamais pratiqué (un comble pour celle dont le mari est boxeur !).

Catherine, ancienne instructrice de plongée, a choisi la boxe pour rester dynamique et garder du pep's. Crédit © Ghyslaine Peigné.

Catherine, ancienne instructrice de plongée, a choisi la boxe pour rester dynamique et garder du pep’s. © Ghyslaine Peigné.

La quinquagénaire dynamique adhère tout de suite. Elle retrouve les notions d’effort physique et de dépassement de soi qu’elle avait un temps perdues. Aujourd’hui, elle se sent de nouveau elle-même et complètement épanouie.

Catherine : « La pratique d’une activité physique m’avait manquée. Je ne me sentais plus vraiment moi-même. Avec la boxe, j’ai l’impression de m’être retrouvée. Je pense qu’arrivée à un certain âge, c’est important aussi de rester dynamique, de se maintenir en forme. Il faut sortir de ce côté « mémérisant » des enfants et des petits-enfants. Et puis, c’est plaisant pour nous autres « pré-mamies » (rires) de faire un sport qui semblait réservé aux hommes ou aux plus jeunes. Tout d’un coup, on est parachuté dans ce monde qui nous semblait inaccessible et on se rend compte qu’on y arrive nous aussi. Quand la pratique est adaptée, tout est possible et c’est très motivant. Ça me fait penser aux années où j’étais professeure de plongée. J’étais la seule femme. Tout le monde était très sympa avec moi mais, malgré tout, je sentais un peu de réticence à mon égard, on me prenait moins au sérieux que les autres instructeurs. Aujourd’hui, j’ai l’impression que ce fossé hommes-femmes est en train de disparaître. Le sport est aussi une chance d’équilibrer les rapports de genre, d’avoir plus d’équité. » 

Ghyslaine, 65 ans : « Grâce à la boxe, je me sens plus sûre de moi »

Ghyslaine, elle, n’est pas ce que l’on appelle une mordue de sport. Cette infirmière à la retraite, également ancienne photographe de profession, n’a jamais pratiqué la moindre activité physique de sa vie. Pendant plus de 60 ans, son seul effort s’est limité à une semaine de ski de piste par an. Rien d’extravagant quand on habite aux pieds des Alpes. Elle se plaît d’ailleurs à dire que, pendant 65 ans, son seul sport a été de faire de la photo. Ce qui implique forcément un peu de marche (plus de la promenade que de la randonnée tout de même !).

À la retraite, le corps a lâché : les médecins lui détectent un cancer du sein. Une maladie qui survient à la suite d’un divorce et qui plonge Ghyslaine dans une longue période difficile. Ses trois enfants étant tous grands, tous en couple et installés loin d’Annecy, cette passionnée de photographie vit dans une immense solitude. C’est alors qu’un médecin lui propose de faire une reconstruction au centre Bérard de Lyon l’été dernier, d’où elle ressort métamorphosée : revigorée et plus vivante que jamais ! Ghyslaine sait qu’elle doit exploiter son énergie et se motive à chercher une activité sportive. Tout sauf du yoga : elle veut bouger, se dépenser.

Aujourd’hui, cela fait quatre mois que Ghyslaine suit les cours de boxe de Nourdine avec son amie Catherine. Et le comble c’est que cette anti-sportive adore ça ! Elle en est d’ailleurs la première étonnée. Avant son cancer, nombreuses sont ses amies qui avaient tenté de l’entraîner à des séances d’aquabike ou dans des salles de fitness. Mais elle ne voulait pas de cette «contrainte», comme elle disait. Aujourd’hui, lorsque le club ferme ses portes pour les vacances scolaires, elle en est sans doute la plus chagrinée.

Ghyslaine : « Je suis surprise d’y arriver. Il y a trois mois, si je sautais à la corde deux minutes, c’était un maximum ! Aujourd’hui, je me sens beaucoup mieux. L’évolution est rapide, je vois que je progresse et c’est très gratifiant. Je sens que dans mon quotidien j’ai aussi plus d’énergie à faire les choses. Puis la boxe, ce n’est pas que du physique, du cardio et de l’endurance. Il y a aussi toute une partie mentale qui joue énormément dans l’assurance. Je me sens beaucoup plus sûre de moi. J’ai l’impression de me tenir plus droite, d’avoir le regard plus affirmé. J’y trouve mon compte. »

Ghyslaine n'avait jamais fait de sport de sa vie avant de s'inscrire aux cours de sweat boxing de Nourdine. Photo DR/.

Ghyslaine n’avait jamais fait de sport de sa vie avant de s’inscrire aux cours de sweat boxing de Nourdine. Photo DR/.

Patricia, 45 ans : « Un curseur d’ajustement dans ma vie »

Patricia, elle, est plutôt comme Catherine : c’est une sportive dans l’âme. Adepte du running depuis qu’elle a 12 ans (elle emporte ses baskets partout avec elle !), cette experte comptable de profession a également pratiqué du basketball, du cyclisme, du body combat, de la boxe thaï et maintenant, donc, de la sweat boxe. En 45 ans d’existence, Patricia n’a jamais ralenti sa pratique. Même pendant ses études, longues et prenantes, elle s’est toujours gardée du temps pour faire du sport. Un moment de détente indispensable à son bien-être général. Et ce ne sont ni la grossesse, ni la maternité, qui ont freiné notre sportive née. Lorsqu’elle était enceinte, elle a simplement troqué les baskets au profit du maillot de bain, puis les a rapidement rechaussés une fois son ventre redevenu plat. Elle a repris ses sorties running, sa petite confortablement installée dans la poussette.

Patricia est toujours fait du sport. Enfant, adolescente, étudiante, enceinte, maman... elle n'a jamais ralenti sa pratique. Elle s'est simplement adaptée. Crédit © Ghyslaine Peigné.

Patricia est toujours fait du sport. Enfant, adolescente, étudiante, enceinte, maman… elle n’a jamais ralenti sa pratique. Elle s’est simplement adaptée. © Ghyslaine Peigné.

Paradoxalement, c’est aujourd’hui, à 45 ans, que Patricia commence à lever un peu le pied sur sa pratique sportive. Cette maman d’une adolescente de 15 ans a conscience qu’elle doit désormais prendre en compte l’âge, qui avance, et privilégier sa santé. D’où les cours de boxe douce. L’objectif : se préserver, et ainsi continuer à faire du sport le plus longtemps possible.

Patricia : « Dans ma vie, le sport a toujours été un curseur d’ajustement. Je pense qu’il faut savoir déconnecter de son travail et prendre le temps nécessaire pour pratiquer une activité sportive. Une heure de jogging ou de boxe, 2 à 3 fois par semaine, finalement, ce n’est pas grand chose. Même les personnes qui sont très occupées peuvent s’octroyer ce temps pour se détendre et se recentrer. Cela permet d’être plus calme, plus zen. Je pense d’ailleurs que cet aspect psychologique du sport devrait être davantage utilisé pour aider et accompagner les personnes qui souffrent des maux de notre société moderne tels que la déprime ou le burn-out. Je suis consciente que faire du sport ne solutionnera pas tout, et qu’il faut sans doute une partie médicale pour combattre ces maladies, mais il pourrait peut-être être un bon moyen de diminuer le mal-être de certaines personnes. Une chance de retrouver un peu de bonheur. »

Pour Patricia, le sport pourrait aussi être un moyen de retrouver un peu de bonheur pour les personnes qui souffrent de déprime ou de burn-out. Crédit © Ghyslaine Peigné.

Pour Patricia, le sport pourrait aussi être un moyen de retrouver un peu de bonheur pour les personnes qui souffrent de déprime ou de burn-out. © Ghyslaine Peigné.

Annecy Best Boxing
16 rue des Grandes Teppes, 74600 Seynod
boussanourdine@gmail.com
Secrétariat : 06.82.59.27.57


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