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Du sport oui, mais sans excès

« Le sport, c’est bon pour la santé. » Personne n’oserait remettre en cause cette affirmation. Sauf l’Académie nationale de médecine. Dans un rapport intitulé « Conséquences de la pratique sportive de haut niveau chez les adolescentes : l’exemple des sports d’apparence », l’instance cherche à nuancer cette approche, en particulier pour le sport auprès des jeunes filles.

Selon les sages de l’Académie nationale de médecine, « trop  intensive », l’activité physique chez les adolescents peut avoir des « effets délétères sur la santé ». Les causes de ces effets néfastes sont multiples : entraînements très intensifs, contrôle excessif de la silhouette et donc des apports nutritionnels, troubles endocriniens et métaboliques, blessures musculo-tendineuses osseuses et articulaires. Tous les sports ? Principalement les sports d’apparence dits « à silhouette » : la gymnastique, la danse, le patinage artistique, et à un degré moindre, la natation synchronisée, souvent exercés par de petits gabarits. D’autres sports sont aussi épinglés comme le tennis et la course de fond et les sports à catégories de poids.

Pour rassurer tout le monde, il ne faut pas oublier la précision « trop  intensive ». C’est-à-dire lorsque la pratique sportive dépasse très largement le cadre du sport-loisir. « Au-delà de 20 heures par semaine, des conséquences néfastes peuvent apparaître », souligne Yves Le Bouc, l’un des rapporteurs, pédiatre-endocrinologue. Difficile  d’échapper à ce rythme soutenu pour ceux qui espèrent faire partie des meilleurs au monde. Avec, comme conséquence parfois, des retards de croissance, de développement osseux, pubertaires ou des apports nutritionnels insuffisants d’après les sages. « Au cours de ma carrière, j’ai vu des enfants consulter pour ce type de troubles, explique Yves Le Bouc. Il faut faire quelque chose. Si dans certains centres tels que l’Institut national du sport (Insep), les enfants sont hyper surveillés et accompagnés, ce n’est pas le cas d’autres structures régionales comme les sports études ». Le rapport déconseille aussi la pratique de certaines disciplines lors de la phase croissance des enfants. Mauvais point également pour le rugby, sauf si on pratique un rugby à toucher qui se développe de plus en plus et bannit les techniques violentes comme le plaquage.

Les jeunes filles plus concernées que les garçons

Alors qu’il « existe moins de données concernant les garçons pratiquant le sport de haut niveau », souligne le rapport, « chez les filles les conséquences caricaturales ultimes sont la triade de l’athlète : anorexie, aménorrhée, ostéoporose (FAT des Anglos saxons). En règle, ceci s’observe quand les apports énergétiques sont inférieurs à 1000 kcal/jour avec moins de 12 à 15 % de lipides. Enfin une prédisposition génétique (petites tailles ou pubertés retardées familiales) peut se surajouter à ce contexte pour en amplifier les conséquences. »

Quelles sont les préconisations pour éviter ces excès ? Les académiciens prônent une meilleure formation des entraîneurs, des durées maximales d’entraînement et des périodes de repos. « Les fédérations sportives les plus concernées devraient proposer une surveillance médicale adaptée et des recommandations spécifiques pour les sports de silhouette ou sports d’apparence », écrivent-ils.

Pour terminer sur une note positive, des sports sont recommandés pour le développement des plus jeunes. En particulier ceux qui développent des capacités cardio-vasculaires. Les médecins sont également unanimes sur un point majeur : l’objectif reste de faire bouger les adolescents. Selon les recommandations, ils doivent marcher, courir plusieurs heures par jour et pratiquer 60 à 90 minutes de sport par semaine.