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Denis Masseglia : « Sans plan de sauvetage, il n’y aura plus de sport pro féminin »

Le constat est effrayant. Le président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) Denis Masseglia ne s’est pas montré optimiste ce mercredi en estimant que « sans plan de sauvetage du sport pro féminin, il n’y en aura plus demain », lors d’une audition devant des sénateurs.

Denis Masseglia, au-delà de s’inquiéter pour la survie des clubs et associations du sport amateur du fait de la crise sanitaire, se montre également préoccupé par le sport professionnel féminin (il avait d’ailleurs déjà exprimé ses doutes dans les colonnes du dernier WOMEN SPORTS magazine N°18). « Sans un plan de sauvetage du sport pro féminin, il n’y aura plus de sport pro féminin demain, on ne peut pas demander aux clubs éternellement de perdre de l’argent », a-t-il déclaré devant la commission de la Culture et de l’Education du Sénat. Denis Masseglia a ensuite expliqué que le sport féminin « était déjà mal en point avant » la crise sanitaire. « Le plan de relance féminin, cela devrait être un plan de soutien permanent ».

Le CNOSF a récemment lancé une enquête auprès des clubs de sport amateur, dont 16.000 ont déjà répondu. « Cela nous permettra d’avoir une meilleure estimation du manque à gagner du mouvement sportif associatif », aux alentours du 10 novembre, a-t-il expliqué. Concernant le montant de 107 millions d’euros promis par le gouvernement pour compenser les pertes de recettes de billetteries, M. Masseglia estime que ça « ne suffira pas à compenser la perte budgétaire des matches qui n’ont pas eu lieu », surtout dans les sports comme le basket, le volley et le handball dont les recettes dépendent de la billetterie.

Le 26 octobre dernier, le CNOSF et 95 fédérations sportives avaient déjà interpellé Emmanuel Macron dans une lettre ouverte en déplorant « ne pas compter parmi les « priorités » dans la gestion de crise du coronavirus », et dénoncé « une stigmatisation aussi violente qu’infondée ». « On ne crie peut-être pas assez fort. On ne portera pas un gilet jaune et on ne descendra pas dans la rue avec des pancartes », a déclaré Denis Masseglia. « Par contre, dans tous les clubs, il y a beaucoup de citoyens qui ont envie que leur rôle soit reconnu. A partir du moment où il n’est pas reconnu, on fait d’eux des gens qui sont un petit peu en révolte contre le système (…) Je vous le dis, car cela monte de la base ».