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Anne Dubndidu, une influenceuse pas comme les autres

Nos réseaux sociaux regorgent d’influenceurs et influenceuses dans la mode, le lifestyle ou le sport. Nous avons choisi de faire un focus sur Anne, alias Anne Dubndidu. Son compte est un concentré de tout ce qu’on aime ! Sans jamais prôner la minceur ou un corps ultra musclé, la jeune femme de 28 ans, qui compte aujourd’hui plus de 116.000 abonnés sur Instagram, partage ses propres expériences sur ses plateformes avec un seul mot d’ordre : la bienveillance. 

Par Vanessa Maurel – Photos : OSMANY TAVARES 
Extrait du magazine WOMEN SPORTS N°17 de juillet-août-septembre 2020. 

SES DÉBUTS 

Bien qu’aujourd’hui Anne soit une fanatique de sport, reconnue pour cette passion, l’influenceuse n’a pas toujours été sportive… Loin de là ! « Je n’ai jamais aimé ça. Au lycée, j’ai rencontré mon petit ami qui faisait du handball en sport études. Ça me dépassait. Je lui demandais souvent pourquoi il s’infligeait cette souffrance. » Au point même que celle qui se considérait à l’époque comme une « cérébrale, à fond dans les études », entretenait de nombreux stéréotypes envers les sportifs. « Pour moi, ils n’étaient pas des gens intelligents, ou alors c’était réservé aux personnes qui voulaient perdre du poids », nous confie-t-elle. 

UN VOYAGE OUTRE-ATLANTIQUE CHANGE LA DONNE ! 

Quatre ans plus tard, toujours avec cette même idée du sport, Anne attaque son Mas- ter 1 à Sciences Po. Cette année-là, l’influenceuse a son premier déclic. « Mon copain m’a proposé d’aller courir avec lui, histoire de s’aérer. Ce fut une catastrophe. Je n’arrivais même pas à courir 10 minutes avant d’être essoufflée. » Un véritable électrochoc. « Je me suis dit que c’était grave, surtout pour ma santé. Je dois également avouer que cet épisode m’a blessée dans ma fierté. » Quelques semaines plus tard, Anne s’envole à Los Angeles pour un stage. Seule et sans repères, elle décide d’enfiler ses baskets après la journée de travail pour s’occuper et pourquoi pas faire des rencontres. « Je n’étais pas du tout dans l’optique de perdre du poids, je me suis juste prise au jeu et j’ai commencé à me challenger moi-même. » Flattée de voir une progression rapide, Anne enchaîne ses records personnels : son premier 5 kilomètres, puis 10, puis 15. « J’ai vu que je me transformais davantage psychologiquement que physiquement. Ce sont les regards extérieurs qui me disaient que je me musclais mais moi je n’y prêtais pas attention. » Car ce qu’a découvert Anne dans le sport, c’est avant tout un sentiment de bien-être. « Je prenais de plus en plus confiance en moi, je me sentais bien ! Et personne ne m’avait parlé de ces bienfaits-là concernant le sport. » C’est pour ces raisons que la jeune femme se décide à partager son vécu sur son blog « mode et voyage ». « Ce sujet n’était pas encore énormément traité sur internet ou alors que par des clubs d’athlétisme avec du vocabulaire incompréhensible. J’ai immédiatement reçu des tas de questions, de nombreuses filles étaient très intéressées! » Elle s’inscrit alors sur Instagram, toujours dans le but de partager son expérience. « Je venais de rentrer de Los Angeles. On m’a offert un iPhone pour mon anniversaire. Mon copain m’a alors suggéré de créer un compte Instagram pour échanger de manière plus spontanée avec ceux qui me suivent. » Depuis, ses audiences n’ont fait qu’enfler. Les 116.000 abonnés de son compte Instagram sont arrivés petit à petit, grâce au bouche-à-oreille. « Mais je préfère ça plutôt que d’en avoir eu 100.000 d’un coup. Ça m’a permis de prendre mon temps mais surtout de rester proche des personnes qui me suivent. Même si je ne peux pas répondre à tout le monde, je vois qui est là, qui me suit depuis le début, je me souviens des pseudos. » 

Sans jamais prôner la minceur, Anne Dubndidu, influenceuse qui compte plus de 116.000 abonnés sur Instagram, partage ses expériences avec bienveillance. 

ADIEU LES CLICHÉS ! 

Sur YouTube, Instagram ou encore son blog, Anne donne des petits conseils à ses abonnés, mais d’une manière propre à elle. Impensable de prôner un corps type ou une perte de poids quelconque. « Sur Instagram on voit beaucoup de « bodygoal » des filles qui correspondent à la mode du moment : ventre ultra plat et fessier bombé, explique-t-elle. Mais il faut bien se rendre compte que si on n’a pas une morphologie qui correspond à ce type de corps, on pourra faire ce qu’on veut on ne l’aura pas. Ce n’est pas possible, c’est dans la génétique. Même si objectivement je corresponds à un cliché (blonde, plutôt mince, abdos saillants), je veux montrer que les corps sont tous différents. » Pour exemple, Anne s’appuie sur les athlètes des Jeux Olympiques. « Quand on regarde les JO, on voit bien que toutes les filles n’ont pas le même corps. » Pour elle, « il faut juste se fixer des objectifs qui nous correspondent. » 

Anne prône un message bien différent. « Je peux entendre qu’il y ait des gens qui veulent remodeler leur corps, ou faire du sport pour maigrir. Je n’ai pas à dire s’il y a des bonnes raisons ou non pour faire du sport. Mais je pense que tu ne peux pas continuer de faire du sport juste pour avoir un beau corps. Le sport doit se suffire. » Plutôt que de se projeter dans un corps tel qu’on peut voir sur Instagram, la jeune femme préfère « s’imaginer à la conquête d’un beau paysage, ressentir des émotions. Lorsqu’on prépare son premier 10km, son premier semi-marathon, son premier marathon… C’est une émotion unique. » Mais même dans ses préparations, Anne joue franc-jeu avec ses abonnés. C’est aussi ça, le rôle d’influenceur. « Je montre les bons côtés et les mauvais. Je ne mens jamais. Oui c’est dur, parfois démoralisant. Mais l’émotion d’avoir franchi la ligne d’arrivée ou d’avoir atteint nos objectifs sportifs est d’une beauté extraordinaire. » Cette émotion, Anne la partage à l’écrit mais aussi en vidéo, « car souvent elle va bien au-delà des mots et les images parlent d’elles- mêmes ». Tout simplement, Anne « aimerait que d’autres femmes ressentent le bonheur que j’ai ressenti quand je me suis mise au sport. » 

Trois questions à Anne : 

Les 5 points clés pour devenir une bonne influenceuse : Être passionnée, créative, engagée, à l’écoute et toujours honnête.

Tu parles de tout sans tabou… 

C’est important pour moi d’être décomplexée et pouvoir parler de tout, que ce soit du sport mais aussi des règles, etc. On a pu me le reprocher mais j’ai besoin que mes abonné(e)s puissent être à l’aise sur mon compte et si elles ont besoin de renseignements que ce soit sur les coupes menstruelles ou autre, qu’on puisse en parler. Je suis un compte réaliste. Mais je garde aussi mon intimité. Ce n’est pas facile de trouver une frontière entre vie privée et celle qu’on expose. Mais par exemple, je ne parle jamais de mes amis ou de ma famille. C’est mon petit jardin secret, ce que je garde pour moi. 

Est-ce ton métier d’être influenceuse ?
Je veux que ça reste une passion et garder mon indépendance. Donc même si on peut en faire son travail à temps plein, je coache en parallèle des particuliers et entretient mon site de coaching en ligne ( https://www.dubndiduatelier.com/). Ça me plaît beaucoup d’être au contact des gens et de les aider à réaliser leurs rêves. J’ai une autre partie de mon travail qui consiste à faire du conseil marketing sportif auprès des marques, des sites marchands, etc.