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Hyperandrogénie : Semenya reçoit des soutiens scientifiques

Exclure Caster Semenya car elle produit naturellement trop de testostérone serait aussi peu scientifique qu’interdire à un basketteur de jouer parce qu’il est trop grand, estiment deux scientifiques dans le British Medical Journal (BMJ), avant la décision très attendue du Tribunal arbitral du sport (TAS) concernant les nouvelles règles de la fédération internationale d’athlétisme sur l’hyperandrogénie. 

« Pour devenir un bon athlète, il faut bien plus qu’un haut niveau de testostérone, une grande taille ou de grands pieds, qui peuvent tous être considérés comme un avantage génétique », estime Cara Tannenbaum, professeur de médecine et de pharmacie à l’université de Montréal (Canada). Elle co-signe une tribune dans la revue médicale britannique avant une décision très attendue du Tribunal arbitral du sport (TAS). Il doit trancher le litige entre Caster Semenya et la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF).

Le règlement de l’IAAF « risque d’instaurer un précédent sans fondement scientifique pour d’autres types d’avantages génétiques », écrivent Cara Tannenbaum et la docteur Sheree Bekker, de l’université de Bath (Angleterre). « Si on exclut des courses les femmes athlètes qui ont génétiquement de hauts niveaux de testostérone, empêchera-t-on aussi les hommes extraordinairement grands de jouer au basket ? », s’interroge la Pr. Tannenbaum. « Devenir un ou une athlète performant(e) nécessite des milliers d’heures d’entraînement, de la concentration, de la discipline, de l’équipement, et ce ne serait pas scientifique d’exclure un sportif ou une sportive sur la base d’un unique facteur génétique », insiste la Pr. Tannenbaum.