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Nathalie Simon : « Le sport est une exaltation des sens »

Nathalie Simon est une sportive dans l’âme. Championne de planche à voile reconvertie dans les médias, elle vit aujourd’hui sous le soleil de Marseille où elle s’est construit un univers de bien-être, jonglant entre ses activités professionnelles, sa famille et le sport. Nous avons rencontré cette « sportive active » afin d’en savoir un peu plus sur son quotidien. En exclusivité pour Women Sports, elle nous raconte son mode de vie. Une véritable philosophie.

Propos recueillis par Floriane Cantoro

Nathalie, nous vous avons connue véliplanchiste professionnelle, animatrice de télévision et chroniqueuse radio. Quelles sont vos activités aujourd’hui ?

Je fais toujours de la télévision sur la chaîne France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur où j’anime la rubrique « 100% bien-être » dans l’émission 9h50 le matin. J’écris également des chroniques « santé / forme » diffusées sur la radio France Bleu le week-end. Parallèlement, je développe une agence de relations publiques : Nathalie Simon Media. Je suis aussi maman et épouse ! C’est important.

Comment s’organise votre quotidien ?

Ma journée commence très tôt le matin. J’adore me réveiller avec la nature : entendre les oiseaux pépier, mon chat gratter à la porte… C’est la vie qui chaque matin reprend son cours. Je me lève, je bois un café et je vais courir. J’appelle ça mes « brain running ». En rentrant, je déjeune avec mon mari Tanguy. J’ai la chance de pouvoir organiser mon planning alors j’essaie de garder le matin pour faire du sport. L’après-midi, je le consacre au travail plus intellectuel : j’appelle mes clients, je bosse sur mes projets, je note mes idées, j’écris mes chroniques… Évidemment, quand je suis en tournage, ce petit quotidien vole en éclat.

Sacré rythme ! Comment faites-vous pour réussir à tout gérer ?

J’essaie d’être organisée, même si ce n’est pas toujours évident. J’essaie de rester zen aussi. Par exemple, si mon train est en retard, je vais me dire : « Est-ce que c’est vraiment grave ? ». Et j’ai l’impression, en vieillissant, d’être plus zen. De mieux accepter les choses qu’on ne peut pas changer. C’est quelque chose qui me vient du sport que j’ai pratiqué aussi, la planche à voile. À aucun moment tu ne peux lutter contre le vent ou la mer. Tu dois t’adapter. Et c’est ça la clé : s’adapter. Facile à dire, pas toujours facile à faire, je sais.

Le sport est-il un moyen d’être plus zen justement ?

Non. Pour moi, le sport n’est ni un exutoire, ni une fuite. C’est une forme d’exaltation des sens. Quand je suis bien entraînée, je me sens plus agile, plus alerte et mobilisée… Et j’aime bien ça ! Lorsque je ne fais pas de sport durant quelques jours parce que j’en ai moins envie – ça m’arrive – je me sens moins performante. Même intellectuellement parlant ! Le fait d’être en forme physique me donne le sentiment d’être plus au top. C’est tout simplement vital pour mon équilibre.

Nathalie Simon © Franck Pennant.

Nathalie Simon © Franck Pennant.

Quels sports pratiquez-vous ?

Je cours quatre fois par semaine, soit en bord de mer, soit dans les collines. Je fais également de la natation et du kitesurf à Hyères quand il y a du vent. Le week-end, avec mon mari, nous faisons du vélo et l’hiver, de la randonnée à ski. Je pratique toujours la planche à voile, bien sûr, mais plutôt en vacances parce que c’est un sport qui prend du temps. Enfin, je fais du renforcement musculaire dans une petite salle que j’ai aménagée chez moi. J’y ai installé une télévision pour pouvoir regarder les informations en même temps. Quand je fais mes abdos, je réponds à mes mails, je twitte… Je suis très réseaux sociaux. Mon mari dit que j’ai un téléphone greffé dans la main. Ce n’est pas faux… Je suis un peu addict et je ne me soigne pas !

Diriez-vous que vous êtes également une « sport–addict » ?

Je ne pense pas être addict car je me suis déjà arrêtée quelques semaines à cause d’une blessure et je n’en suis pas devenue malade pour autant. L’addiction a quelque chose de « toxique » alors que je me fais plaisir en faisant du sport. Parfois dans la souffrance, certes. Par exemple, l’an dernier, j’ai fait l’Ironman de Nice. C’était dur parce qu’évidemment ce sont des distances absolument folles [3,8 km de natation, 180,2 km de vélo et un marathon soit 42,195 km de course à pied, ndlr]. Mais j’étais tellement contente de le faire que je l’ai savouré. Mon mari en avait déjà fait trois ou quatre et moi aussi je voulais vivre cette expérience qui avait l’air d’être incroyable. C’est d’ailleurs comme ça que je me suis mise à la planche à voile à 18 ans : j’ai vu Tanguy pratiquer ce sport et à aucun moment je me suis dit que j’allais rester sur la plage avec un chocolat chaud à l’attendre. Je voulais être là-bas, au cœur des sensations. Je ne vis pas une vie de spectatrice ou par procuration. Et je ne pense pas non plus à mon genre quand je fais du sport.

Justement, que pensez-vous de la place de la femme dans le sport aujourd’hui ?

Elle est le reflet de la place des femmes dans la société : ça avance tranquillement. Je pense que ce qui a fait un bien fou au sport féminin, c’est l’éradication du dopage massif dans les pays de l’Est, avec la testostérone, qui virilisait les femmes et donnait une image extrêmement fausse de la sportive. On peut être féminine et sportive. On doit aussi beaucoup à des filles comme Laure Manaudou, par exemple, d’avoir révolutionné l’image de la femme dans le sport. Laure est une très jolie fille, très féminine avec ses ongles toujours impeccables. Et c’est une immense championne. Femme sportive ne rime pas avec garçon manqué. D’ailleurs le terme « garçon manqué » m’insupporte. C’est horrible de dire à une fille qu’elle est un garçon manqué parce qu’elle est sportive. Ce n’est pas un garçon manqué, c’est une fille réussie !

Quels seraient vos conseils pour motiver les femmes à faire du sport ?

Déjà, il faut qu’elles en aient envie. Personne ne peut les forcer. Si c’est le cas, elles peuvent s’aider des vidéos postées par les blogueurs et blogueuses sur les réseaux sociaux. Ils donnent des cours et des conseils, ça aide. Ensuite, je recommande également aux gens les applications qui permettent de se créer une petite communauté et d’aller partager des séances de sport avec d’autres gens pas motivés.

Vous évoquez souvent le sport comme un moyen de se faire plaisir. Un dernier conseil bien-être pour la route ?

Au risque d’enfoncer des portes ouvertes, boire beaucoup d’eau, pas d’alcool, pas de cigarettes. Mais, sinon, le bien-être c’est presque une philosophie finalement. Pour moi, c’est essayer d’avoir une forme d’harmonie entre sa vie professionnelle, sa vie amoureuse ou familiale et sa vie personnelle. Essayer de transformer tous les moments subis en opportunités. Pas toujours facile, je sais… Et puis être bienveillant aussi, car la bienveillance amène la bienveillance. Comprendre l’autre, etc. Je finirai bouddhiste !

Questionnaire décalé

Vos hobbies en dehors du sport ?
La lecture. J’ai adoré le livre Soudain, seuls d’Isabelle Autissier.

Vos émissions de TV préférées ?
Les documentaires historiques et politiques. Et le sport, bien sûr !

Les séries que vous regardez ?
Avec mon mari, on s’est découvert « Homeland ». On s’est fait les six saisons d’un coup. J’avais l’impression de vivre, manger et dormir Carrie Mathison ! On regarde aussi « Game of Thrones », « House of Cards » et le « Bureau des Légendes ».

Vos goûts musicaux ?
Je suis une inconditionnelle de Barbara, de Brel… J’aime bien l’univers de Julien Doré aussi. J’aime la musique française, les voix et les textes. Et tout ce qui fait danser !

Le voyage qui vous a le plus marquée ?
Il y en a plusieurs en fait. Mon premier séjour à Hawaï pour la planche à voile car je lisais Wind Magazine et j’avais l’impression d’être dans le livre ! Ensuite le Kenya et la Namibie car nous étions en famille.

Vos destinations de rêve ?
Le Népal (pour faire un treck) et le Vietnam.

La qualité que vous appréciez chez les autres ?
La bienveillance (ça vous étonne ?)

Les défauts que vous n’aimez pas ?
L’agressivité et les donneurs de leçons.

Vos amis dans le milieu du sport et de la télévision ?
Je suis très amie avec Laury Thilleman, qui est une fille que j’apprécie beaucoup, souriante, positive, intelligente… ainsi qu’avec Cendrine Dominguez.

NATHALIE SIMON, en bref

Nathalie Simon © Franck Pennant.

Nathalie Simon © Franck Pennant.

Née le 25 octobre 1964 à Neuilly-sur-Seine, Nathalie Simon découvre la planche à voile à 19 ans lorsqu’elle part étudier les sciences économiques à Toulon. Elle devient championne de France de la discipline en 1986 et remporte de nombreux trophées et compétitions au cours de sa carrière de sportive de haut niveau. En 1991, elle fait ses débuts à la télévision en co-présentant l’émission Minuit sport aux côtés de Gilles Pernet sur TF1. Elle enchaîne ensuite avec les émissions Sacrée Soirée aux côtés de Jean-Pierre Foucault, Les Trésors du monde avec Patrick Chêne et le célèbre divertissement estival Intervilles. À partir de 1998, on commence à l’entendre sur les ondes des radios Nostalgie puis RMC. Plus récemment, Nathalie Simon a rejoint l’équipe de Midi en France sur France 3 où elle assurait des chroniques dédiées au bien-être et à l’écologie jusqu’en 2016. Aujourd’hui, c’est sur France 3 PACA et France Bleu qu’elle nous livre ses conseils forme.

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