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Coache sportive : Emmanuelle, des ressources humaines au coaching sportif

En l’espace de quelques années, Emmanuelle est devenue une coache sportive parmi les plus populaires sur YouTube et Instagram. Pourtant, rien de la prédestinait à un tel parcours. Quelle est son histoire ? Comment a-t-elle fait de sa passion une profession ? Nous lui avons directement posé la question.

Propos recueillis par Djelina Ndiaye

Emmanuelle, Lyon, 29 ans, coach sportif et influenceur web sport, bien-être et motivation depuis 3 ans.
@Mlfitness.fr : 66 400 abonnés sur Instagram

Quel a été le déclic pour te lancer dans le coaching sportif ?

J’étais sur les réseaux sociaux où je partageais ma passion pour le sport et en parallèle j’étais responsable des ressources humaines, puis je me suis rendue compte que ma passion pour le sport prenait beaucoup plus de place dans ma vie et m’intéressait beaucoup plus que ce que je faisais dans mon ancien job. Du coup, j’ai entrepris une reconversion professionnelle. J’ai fait un diplôme de coach sur un an (BPJEPS) du coup à la fin j’ai décidé de me lancer complétement dans l’activité de coach. Et j’ai ouvert une salle de coaching à Lyon depuis janvier 2017.

Comment es-tu parvenue à te faire une place sur les réseaux sociaux ?

Ça c’est une très bonne question… ! Moi je suis arrivée sur les réseaux sociaux il y a 2/3 ans au moment où ça a commencé à décoller un peu. Mais je suis arrivée dans la 1ère vague, il n’y avait pas encore énormément de monde et ça s’est fait petit à petit. Les gens se sont un petit peu attachés à mon parcours, mon évolution et à ce que j’entreprenais avec ma reconversion professionnelle. C’est ce qui a fait qu’ils se sont attachés à mon compte et à mon histoire. Je partage beaucoup ma vie sur Instagram, je pense que les gens s’attachent un petit peu à moi et à ce que je fais.

Comment t’est venue l’idée de créer ta propre entreprise ?

Du fait que je quittais un job où j’étais salariée et j’avais du mal à me ré-envisager salariée. Après, je pense que les réseaux m’ont donné une certaine confiance à me dire que mon projet plaisait et ça m’a donné les ailes pour me lancer à mon compte.

Plus grosse difficulté lors de la création de l’entreprise ?

On m’a quand même dit « mais tu es coach et tu es une femme tu penses pas que ce soit plus dur qu’un homme ? » et cela venait des hommes en particulier ! J’aime tellement ce que je fais que peu importe les difficultés je les ai parcourus et je suis allée au-delà.

Est-ce difficile de jongler entre sa vie privée et sa vie professionnelle lorsque l’on est à son compte et un personnage public ?

Il faut savoir faire la part des choses, pour moi ça se passe assez bien. Je communique un peu concernant ma vie privée mais pas énormément. Je suis un peu plus âgée que la moyenne des gens sur Instagram du coup ça m’aide.

Quel est le pourcentage des coaching onlines et réels ?

Je vends des livres (e-book) sur mon site internet sur des méthodes assez simples, pour les personnes qui ne peuvent pas se déplacer en salle et qui n’ont pas les moyens d’avoir un coach. Le reste c’est mon activité dans mon studio de coaching en séance.

Je ne fais pas de coaching à distance parce que j’ai testé je trouve qu’il y a beaucoup de limites. Je trouve que c’est difficile de faire des programmes plus poussés tout en restant sécuritaire. Mes e-books, par exemple, sont des mouvements très simples que l’on peut réaliser seul avec une petite explication, le coaching à distance sur des programmes personnalisés c’est plutôt des séances poussées parce que ce sont des gens qui veulent aller au-delà de ça (en salle). Et en salle il y a plus de risque à se blesser que chez soi. C’est pour ça que je fais du coaching perso, c’est pour accompagner les gens à 100%. Du coup, le coaching à distance va un peu à l’encontre de ça.

Sur quel modèle économique fonctionnent tes réseaux sociaux ? Est-ce que tu investis pour gagner des abonnés ?

Mon activité principale c’est d’être coach du coup je communique un peu moins parce que j’ai moins de temps à y consacrer. Mais je ne me force jamais à communiquer, quand j’ai envie tout en gardant l’esprit que j’ai envie. Ce que les gens aiment bien chez moi c’est que je suis authentique et spontanée. Si j’ai envie je le fais, si je n’ai pas envie je ne le fais pas. Mais je suis consciente aussi que ce sont les réseaux sociaux qui font qu’aujourd’hui j’ai ma salle et mes clients donc du coup je prends toujours soin de mes abonnés. Je suis toujours présente mais je ne calcule pas. Ça se fait de manière naturelle.

Pour toi quels sont les autres gros acteurs stars du marché ? As-tu des références françaises et mondiales ?

Alexia Clark à l’international j’aime beaucoup la manière dont elle s’entraîne et communique. Pour le coup, elle a les résultats de son investissement à la salle. En France, cela reste encore un milieu assez peu exposé. Je connais et aime beaucoup Marine Leleu en tant que coach et athlète. Clem (Fitbyclem) en tant que coach j’aime beaucoup, on échange pas mal et je pense qu’on a un peu la même vision des réseaux sociaux et aussi de notre pratique du sport. Après en termes d’entreprenariat, je ne connais pas beaucoup de monde qui s’est lancé…

As-tu déjà fait face à des préjugés ou des discriminations de genre, dans le sport et ton métier en particulier ?

Ah ben oui énormément, j’en rigole parce qu’il vaut mieux en rire. Plusieurs personnes m’ont dit « mais tu es coach comment ça ? tu fais des chorégraphies ? ». Même quand j’ai dit que j’allais faire une formation de coach on m’a dit « mais en force ? mais pourquoi ? Parce que c’est ce que je préfère » j’ai eu pas mal d’apriori quand même là-dessus. Physiquement, je ne suis pas énorme et il y a toujours un petit a priori à se dire qu’un coach doit être plutôt d’une certaine manière physiquement alors que pour le coup, ça ne veut pas dire qu’on est compétent dans son job. Le fait qu’on me dise récemment que je n’avais pas un physique de coach ça m’a fait un peu plus de mal que quand on a un simple a priori. Après ça venait d’une personne qui était un peu plus âgée. Ça se ressent dans mes clients j’ai 75% de femmes et 25% d’hommes.
Les femmes n’ont pas du tout d’apriori sur moi au contraire, elles sont même contentes d’avoir une coach femme. C’est plutôt rassurant pour elles. Je suis comme tout le monde du coup elles m’apprécient comme ça. Elles se sentent plus en confiance, pour elles c’est plus simple de se livrer et se détendre pendant la séance parce qu’elles ne seront pas jugées par le regard d’un homme. Il y a des femmes qui ne cherchent que des coachs femmes justement et qui n’en trouvaient pas. A son compte, il n’y en a pas beaucoup, c’est surtout plus en salle.

Quelles solutions pourraient-être apportées selon toi, pour mettre davantage en avant les femmes dans le sport ?

Qu’on soit beaucoup plus mises en avant dans les médias. Que la musculation et les coachings ne soient pas que pour les hommes, qu’on ne soit pas cantonné à faire du STEP et des cours collectifs. Ce n’est pas parce que nous sommes des femmes que nous ne pouvons pas nous lancer dans une affaire et que nous ne savons pas transmettre le bon geste. Ce sont des choses qui vont mettre du temps à se mettre en place mais les médias jouent un rôle hyper important là-dessus, le but c’est de montrer que l’on est équivalent.

Quels seraient tes conseils pour motiver les femmes qui voudraient créer leur propre entreprise comme toi ?

Qu’elles se lancent, il n’y a pas du tout de barrières, les barrières ce sont nous qui nous les mettons. C’est sûr qu’il ne faut pas compter ses heures, il faut aller au-delà de tous les a priori et préjugés que l’on peut tous avoir. Après, il n’y a pas grand-chose à faire : il faut se lancer ! Si ça marche, tant mieux, sinon tant pis, mais au moins on n’a pas de regret.

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