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À bord de Dongfeng : « Deuxièmes, c’est le mieux qu’on pouvait faire après notre erreur »

Le bateau Dongfeng, skippé par le Français Charles Caudrelier, a terminé premier dauphin des Espagnols Mapfre lors de la 2e étape de la Volvo Ocean Race 2017-2018 qui reliait Lisbonne au Portugal à Cape Town en Afrique du Sud. Les deux filles de l’équipage franco-chinois, Marie Riou et Carolijn Brouwer, nous racontent ce périple de 19 jours en mer et les « montagnes russes » d’émotions vécues à bord.

Partis de Lisbonne le 5 novembre dernier, Charles Caudrelier et son équipage ont franchi la ligne d’arrivée de la 2e étape de la Volvo Ocean Race 2017-2018 à Cape Town vendredi 24 novembre, après 19 jours 4 heures 2 minutes et 39 secondes de mer exactement ! Le VOR65 rouge et blanc aux couleurs de Dongfeng s’est amarré aux pieds de Table Mountain 3 heures après le vainqueur espagnol Mapfre, et avec un peu plus d’une heure d’avance sur le 3ème équipage de ce podium, l’Américano-danois Vestas 11th Hour Racing.

Pourtant, pendant longtemps, Dongfeng espérait faire mieux qu’un titre de premier dauphin. Sortis les premiers du Tage à Lisbonne, les marins de Charles Caudrelier ont mené la flotte de la Volvo durant les trois-quarts de la course, malgré des conditions climatiques très compliquées les premiers jours et la pression continue des premiers poursuivants. Jusqu’à ce fameux changement de vent au 13e jour de l’étape : « On a fait une erreur qui nous a coûté cher », commente la Française Marie Riou.

Les rois du come-back !

C’est en effet un empannage [ndlr : virement de bord de la grande voile lors d’un vent arrière] un peu tardif le long de Sainte-Hélène qui a fait perdre à Dongfeng la tête de la course. Et laisser aux Espagnols de Xabi Fernandez un boulevard pour prendre les commandes et ne plus les lâcher jusqu’en Afrique du Sud. « En une nuit, on a tout perdu : l’avantage d’être premier, l’avance qu’on avait sur les autres équipages… C’était très dur. », ajoute Carolijn Brouwer, l’autre femme de Dongfeng. Pendant quelques heures, c’est un peu « la soupe à la grimace à bord », se souviennent les deux navigatrices. Mais, rapidement, la désillusion se dissipe pour laisser place à l’envie de revenir. « Nous sommes forcément un peu déçus de ne pas avoir gardé la tête de la course jusqu’à l’arrivée, mais nous sommes aussi très contents d’être revenus », explique Marie. Et Carolijn d’ajouter : « Deuxièmes, c’est le mieux qu’on pouvait faire après notre erreur. L’équipage Mapfre a très bien navigué et mérite de gagner cette étape ».

Ce n’est pas la première fois que Dongfeng prend un bon départ, se fait peur au milieu de l’étape mais réussit quand même à remonter au classement pour, in fine, s’installer sur le podium. Sur la première étape Alicante-Lisbonne (terminée sur la troisième marche du podium derrière Vestas 11th Hour Racing et Mapfre), l’équipage avait déjà vécu ces « montagnes russes » d’émotions. « On est les rois du come-back, analyse Marie Riou. On s’est entraîné ensemble pendant 7 à 8 mois avant le début de la compétition pour trouver les bons réglages. Aujourd’hui, on est très content de notre vitesse. ». Et ils peuvent l’être : sur cette étape, l’équipage Dongfeng a en effet remporté le trophée qui récompense le bateau ayant parcouru le plus grand nombre de milles en 24 heures. « S’il y avait un trophée du plus beau come-back, on l’aurait certainement remporté sur les deux premières étapes », conclut amusée la Française de 36 ans.

Marie Riou est Carolijn Brouwer, les deux femmes de Dongfeng. (c) Jérémie Lecaudey / Volvo Ocean Race.

Marie Riou est Carolijn Brouwer, les deux femmes de Dongfeng. © Jérémie Lecaudey / Volvo Ocean Race

Noël dans les mers du Sud

Mais que manque-t-il donc à Dongfeng pour (enfin) remporter une étape ? « Faire moins d’erreurs. Parce que, des erreurs,il y en aura, mais il faut essayer de les minimiser », s’accordent les deux femmes de l’équipage battant pavillon chinois. Mais, comme elles s’entendent à le dire, « la route est encore longue ». Le 10 décembre, la flotte de la Volvo s’élancera en effet pour la 3e des 11 étapes de cette compétition qui dure 8 mois, direction Melbourne en Australie. Une étape très importante [ndlr : les points compteront doubles] et entièrement située dans les mers du Sud avec des conditions climatiques certainement plus extrêmes : grosses vagues, vent et basses températures. « Ce sont des conditions très particulières qu’on ne trouve que dans les mers du Sud, explique Carolijn Brouwer. Et les mers du Sud, on ne va y naviguer que lorsqu’on fait la Volvo», poursuit-elle déjà presque excitée.

Une étape de 6500 milles nautiques qui suppose de passer les fêtes de Noël à bord. Pour Marie Riou, les marins ne devraient cependant pas être totalement privés de cadeaux. « Cette fois-ci déjà, notre cheffe Marine avait missionné l’équipe technique pour nous cacher de la nourriture dans quelques uns des recoins du bateau : saucisson, formage, pains au chocolat.. ». Il y avait même une bouteille de champagne pour fêter le passage de l’Équateur mais les marins ne l’ont trouvée qu’une fois arrivés à Cape Town. Dommage !

En attendant le prochain départ, les membres de l’équipage disposent d’une semaine off complète pour décompresser un peu et profiter des richesses de l’Afrique du Sud avec leurs familles respectives. À l’issue des deux premières étapes, Dongfeng Race Team occupe la troisième place du classement général provisoire de la course, derrière Mapfre et Vestas 11th Hour Racing.

Prochaine étape : Cape-Town / Melbourne, départ le 10 décembre 2017.

Suivez le tour du monde de Marie Riou et Carolijn Brouwer sur Twitter avec les hashtags : #SagaWS et #VolvoOceanRace

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